« Black Modologie » fait bouger la mode
lundi 16 juin 2008, Christine Avignon
Ils sont six, beaux comme des dieux et bien décidés à se faire connaître dans le monde de la mode. Pour être plus forts dans ce monde difficile, ils ont créé un collectif : « Black Modologie ». Aujourd’hui encore, en France, il est difficile de travailler dans la mode lorsque l’on est noir. Andy, Shade, Demba, Thomas, Malick et Patrick aka « Black as Art », le fondateur du collectif, se serrent donc les coudes.
Créé en 2006, Black Modologie a d’abord été un lieu de paroles pour ces jeunes hommes qui étaient tous confrontés aux mêmes difficultés, souvent en raison de leur couleur de peau. Partant du constat que les Noirs étaient sous représentés dans la mode, ils décident de s’allier pour revendiquer une plus grande diversité ethnique dans ce milieu. Demba se souvient de ses débuts difficiles : « Après avoir réalisé quelques shoots professionnels, j’ai voulu entrer dans une grande agence parisienne. Lorsque je me suis présenté, j’ai expliqué mes intentions au booker. Il m’a répondu textuellement : "nous ne prenons pas de personnes typées ou de couleur, nous en avons déjà trois et nous avons atteint notre quota". Il s’est ensuite justifié en expliquant que ce n’était pas de sa faute, mais que les grandes marques n’étaient pas prêtes à voir des modèles noirs associés à leur nom. »
« Nous avons atteint notre quota. »
Patrick, Andy, Shade, Demba, Thomas et Malick s’organisent donc pour faire bouger les choses. Chacun apporte son propre réseau et met en commun ses contacts. Le collectif se fonde sur l’échange, l’entraide et le partage. Lorsque l’un de ses membres est retenu pour un défilé ou une séance, il en profite pour faire la promotion des autres. Chaque membre ayant son style, ses compétences et son expérience, cela les rend complémentaires. Ainsi, depuis que le collectif est né, chacun travaille davantage et se sent plus soutenu, plus fort. Mais tous disent la même chose : « il y a encore un long chemin à faire avant que les mentalités n’évoluent en France ! ». Grâce à des initiatives telles que la leur, on peut pourtant espérer que cela n’arrive plus vite







