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Danses africaines, l’embarras du choix !

mercredi 5 septembre 2012, Dolorès Bakèla

La reprise après la trêve estivale est annoncée. Si d’aucuns se précipiteront sur des abonnements en club fitness, les danses africaines présentent beaucoup d’avantages : elles permettent à la fois de se muscler et de se cultiver. Explications.

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Maîtriser le Gyné Faré, le Tiriba ou encore le Sabar nécessite de rencontrer le bon pédagogue... Si ces danses sont souvent regroupées sous l’étiquette « danse africaine  », elles sont comme les professeurs qui les enseignent à Paris : à la fois plurielles, singulières et issues des quatre coins du continent. Enseigner les rythmes de son pays demande la plupart du temps une formation supplémentaire au danseur qui entreprend de devenir pédagogue en France. En cours, comme en interview, Mohamed Dabo, la trentaine, se fait théoricien, avec une connaissance pointue des danses malinké, peules, ou soussou d’Afrique de l’Ouest. « En Guinée, devenir artiste est un parcours du combattant, affirme-t-il. J’ai commencé dans mon quartier, avant d’être formé et reconnu au niveau régional puis national. Enfin, j’ai pu intégrer le Ballet National. »

Danse des griots

N’est pas danseur qui veut. On est loin de l’image d’Épinal qui veut que tout Africain ait la danse dans le sang. « On me demandait dans les mariages parce que mon style de danse était très apprécié, se souvient Aminata Camara. En Guinée, le rythme est très présent, dès l’enfance. Mais devenir danseur, en faire son métier, c’est autre chose. »

Arrivée à Paris en tant que choriste du célèbre Mory Kanté, cette ex-membre de l’Ensemble Instrumental a reçu il y a peu une médaille du mérite de l’État guinéen. Dans ses cours de trois heures, elle électrise les élèves avec sa danse des griots. Si suivre un enseignement à l’année vous intimide, la formule du stage, ponctuel et intensif, permet de se faire une idée de ce qu’apporte la danse africaine. « Un bienêtre pour l’esprit et pour le corps », insiste Mohamed Dabo. D’autres, comme Vincent Harisdo, formé par le Béninois Koffi Kôkô, grand nom de la danse, parle même d’une dimension thérapeutique. «  Je suis aussi le confident, l’ami des élèves » confirme Mohamed.

Afrique-sur-Seine

Elles sont nombreuses les danseuses – dommage qu’il y ait peu d’hommes dans ces cours, surtout pour danser Dundunba, la danse des hommes forts !- à évoquer ce rapport privilégié avec le prof et la sensation de manque si elles ratent un cours. Une des élèves précise : « Bien que d’origine béninoise, je ne suis pas à la recherche de mon identité. Je voulais un cours pour me bouger, j’ai trouvé une famille. » Nicole Touré-Daboval, pratiquant la danse africaine depuis 30 ans dans la capitale, ajoute : « A travers la danse, j’ai découvert la culture de Guinée-Conakry. En plus, à l’inverse du classique, qui contraint le corps, les danses d’Afrique de l’Ouest sont fondées sur la marche, comme le reggae est basé sur le rythme du coeur. Quoi de plus naturel ? Tout le monde a sa place, pas de compétition, pas de diktat du beau ou de la minceur ». Ce constat, Jean-Fortuné de Souza, figure de la danse béninoise à Paris, le partage. Enseignant depuis 1984, il mêle chants et danses et dévoile ainsi de nombreux répertoires chorégraphiques de son pays. Attendez-vous donc à chanter et à danser des histoires d’agriculteurs, de chasseurs ou de femmes qui accueillent un enfant... et à devenir accro !

La pédagogie au coeur

Actuellement, chaque quartier parisien propose un cours de danse africaine. Des audacieux osent même ouvrir leur propre centre de danse. Le premier fut Georges Momboye. En 1998, cet enseignant issu du Ballet National de Côte-d’Ivoire fondait un centre qui porte son nom. 14 ans plus tard, sa pépinière d’artistes-professeurs est devenue une référence. Georges Momboye a exaucé son souhait : regrouper les danses du continent africain sous un même toit. De renommée internationale, il a contribué à chorégraphier la cérémonie d’ouverture des J.O. de Londres, et parcourt le monde afin de dénicher de nouveaux talents qu’il révèle dans des créations aussi notables que le show Afrika ! Afrika ! C’est aussi le cas de Chrysogone Diangouaya, danseur, chorégraphe et conteur venu du Congo-Brazzaville. Son centre est ouvert depuis juillet dernier dans le quartier de la Chapelle (18e). À l’instar des grandes figures de la danse d’Afrique de l’Ouest que sont Germaine Acogny et Irène Tassembédo, respectivement directrices de l’École des Sables au Sénégal et de l’EDIT à Ouagadougou, le pédagogue veut donner sa place aux danses méconnues du Congo.

Chrysogone mène aussi une réflexion sur la tradition et la modernité, à l’image de son parcours qui l’a vu s’essayer au hiphop avant de maîtriser avec brio les danses traditionnelles de son pays. Il compte bien former la relève pour que cet héritage continue de voyager. Il ne vous reste donc plus qu’à faire votre choix, l’offre est vaste et attrayante...

La danse africaine est partout !

À Paris...

Centre de Danse du Marais : (41, Rue du Temple 75004 Paris) Le + : vous pourrez acheter 10 tickets pour tester les danses du congo, de guinée ou afrobrésiliennes.

Centre Momboye : (25, rue Boyer 75020 Paris) Le + : Journées portes ouvertes de ce centre axé sur les danses d’afrique de l’ouest les 15 et 16 septembre de 15h à 19h

Centre Chrysogone Diangouaya : (29, rue des roses 75018 Paris) Le + : Cours de danses du congo et stages de danses avec des professeurs du monde entier.

Le Point Éphémère : (200, quai de Valmy 75010 Paris) Cours de Mama Adèle, tous les jeudis Le + : le tanaber, une grande fête sénégalaise deux fois par an

...et en région parisienne

MJC théâtre Colombes (96-98, rue Saint-Denis, 92700 Colombes) Cours de Jean-Fortuné de Souza – Danses duBénin, tous les mardis

Maison Pour Tous Gérard Philipe (118, rue Youri Gagarine 94800 Villejuif) Cours de Mohamed Bangoura-Danses de Guinée les mardis, mercredis et vendredis

Salle Solomon : (2, rue Edgar Quinet - 93300 Aubervilliers) Cours d’Amy Traoré – Danses du Mali et du Burkina, tous les jeudis

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