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Djaïdani : une sacrée Rengaine

mercredi 5 septembre 2012, Claire Diao

On connaissait son style au scalpel, ses romans uppercuts qui nous plongent dans un univers électrique. Derrière la caméra, l’écriture de Djaïdani ne perd rien de son punch. Son nouveau film, Rengaine, c’est l’histoire d’un homme convaincu que sa soeur ne doit pas épouser un Noir. L’histoire d’un frère, musulman, aîné d’une interminable fratrie, qui ne veut pas que sa soeur épouse un chrétien.

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Cette histoire, c’est celle de Rengaine, primé au dernier Festival de Cannes et premier long-métrage de fiction du réalisateur, auteur, acteur et boxeur français Rachid Djaïdani. Un pavé dans la mare de la fraternité, un face à face avec les fauxsemblants de notre égalité.

Elle, Sabrina, est la seule fille d’une fratrie de 40 frères arabes et musulmans. Libre, épanouie, heureuse, elle file le parfait amour avec Dorcy qu’elle souhaite épouser. Lui, aspirant comédien, courant de castings minables en performances ratées, est issu d’une famille noire et catholique qui attend de lui de convoler en noces avec une peau foncée. Eux (Sabrina, Dorcy) ont décidé de faire triompher leur amour malgré toutes les tensions familiales déclenchées.

Conte moderne

Tourné pendant neuf ans caméra au poing dans les rues de Paris, Rengaine est un conte moderne sur la société française. Une société aux multiples facettes qui oublie souvent de se regarder dans le miroir mais qui, lorsqu’on l’observe, nous outre, nous émeut, nous remue et nous plaît. Réalisé grâce au travail d’une équipe talentueuse et bénévole, Rengaine est à l’image de la France d’aujourd’hui. Une France diverse et complexe que chacun aimerait maintenir dans l’image qu’il préfère.

Le poids de l’histoire

Interprété par de brillants acteurs trop souvent absents des écrans (Slimane Dazi, Steeve Tientcheu, Samir de Luca, Mourad Boudaoud, Youssef Diawara) Rengaine renvoie chacun face à ses convictions et ses positionnements. Sur fond de tradition, de coutume, de respect et d’honneur et de Ramadan, l’aspiration individuelle est empêchée par le désir pluriel. Ne pas décevoir, ne pas froisser, rester sur la ligne - tiens, cette fameuse Ligne Brune que Rachid Djaïdani avait filmée avec brio quelques années plus tôt – voilà les concepts que l’on ne souhaite pas enfreindre. Plaire à l’autre plutôt qu’à soi, bafouer son plaisir plutôt que sa foi, Rengaine aborde des thèmes bien plus universels que les frontières de cette France-là.

Modernes, citadins, éduqués, athées ou croyants, nous sommes tous rattrapés par des préceptes que l’on nous a inculqués depuis notre plus tendre enfance. Et lorsque deux êtres amoureux décident d’enfreindre ces lois, pensez-vous que l’entourage respectera leur choix ?

Avant-première

Projection en avant-première de Rengaine au 7e festival des Cultures d’Islam (12 au 22 septembre) en présence de Rachid Djaïdani. Une projection en partenariat avec Cinéma pour tous.

21h30, vendredi 14 septembre, ICI : 23 rue Léon, Paris 18e

www.institut-cultures-islam.org

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