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Dossier spécial Speed dating politique

jeudi 15 mars 2012, Afriscope

Le 26 février dernier, Afriscope et plusieurs acteurs de la diversité ont interrogé dans le cadre d’un « speed dating politique » les présidentiables ou leurs représentants. A l’ordre du jour : représentativité, laïcité, statistiques ethniques, immigration. Retour sur un débat animé !

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En ce dimanche après-midi 26 février, la salle parisienne de la Bellevilloise affiche complet. Six médias et associations de la diversité ont donné rendez-vous aux présidentiables ou à leurs représentants pour un speed dating politique. Sur la scène : Philippe Poutou pour le NPA, Patrick Lozès pour Allez la France, George-Pau Langevin pour le PS, Fadila Mehal pour le Modem, Esther Benbassa pour Europe-écologie-les Verts, Camille Bedin pour l’UMP, Danièle Obono pour le Front de gauche et Geneviève Reimeneiger pour Lutte Ouvrière sont prêts à participer à ce débat fondé sur la concision et la spontanéité. Chacun disposera de quelques minutes pour répondre aux questions des intervieweurs sur cinq thèmes : la représentativité politique, l’éducation, l’emploi dans les quartiers populaires, la politique de la ville et la laïcité.

Trois rounds, huit partis

Huit partis sont donc représentés. Deux seulement ont missionné leur candidat : le NPA et Allez la France. Eva Joly s’est excusée à la dernière minute, tandis que le parti villepiniste a décliné l’invitation avant-veille. Aucun invité ne connaît les règles du jeu. Raphäl Yem, modérateur et par ailleurs journaliste pour MTV et Canal +, les invite à piocher, dans des casques coloniaux, les bulletins qui détermineront la composition des trois plateaux. Une pointe d’appréhension se devine sur les visages, peu habitués à ne pas avoir la main mise sur le déroulement d’un évènement public. La tension est vive lorsque Camille Bedin, représentante de Nicolas Sarkozy, prend la parole. à maintes reprises, elle se lève pour se faire entendre, lâchant finalement : « est-ce la règle du jeu d’être agressif les uns envers les autres ? » Les deux autres rounds sont moins tendus. Les partis de gauche s’accordent.

Faire entrer les quartiers sur la scène politique

La représentativité et l’expression des « sans-voix », que sont les habitants des quartiers populaires, traversent les trois rounds. à l’heure où le PS joue à cachecache sur la tenue d’un Grenelle des quartiers, les acteurs de la diversité s’engagent à rester vigilants quant aux volontés politiques exprimées lors de ce « speed dating ».

En attendant des réponses concrètes des élus, ce rendez-vous a permis à Afriscope de réunir des partenaires, acteurs de la diversité au quotidien  : les Indivisibles, le collectif La France que nous voulons (auteur d’un ouvrage de 50 propositions aux candidats), le réseau des médias de quartier Presse&Cité, le webzine Med’in Marseille ainsi que Respect Mag (porteur de l’appel aux candidats avec le think tank Terra Nova). Un pas de plus vers une reconnaissance effective de l’interculturalité et des dynamiques existant dans les quartiers, car comme le rappelle le politologue Gille Kepel [1], « la banlieue n’est pas à la marge, mais au centre : c’est au prix de ce renversement de perspective que se lit notre avenir commun. »

Notes

[1] Auteur de Banlieue de la République : Société, politique et religion à Clichy sous-Bois et Montfermeil, Paris, Gallimard, 2012.

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