Fabrice Eboué : Le poil à gratter
lundi 14 novembre 2011, Julien Le Gros
Nom : Eboué (aucun lien avec Félix)
Prénom : Fabrice
Age : 34 ans
Signes particuliers : Sniper Vachard
Devise : « je nage comme un noir, je cours comme un blanc »
Il paraît loin le temps où Fabrice éboué « galérait pas mal » en grattant sa tignasse hirsute devant une poignée de personnes au Théâtre des Blancs manteaux à Paris ! Avec son compère Thomas N’Gijol, il a atteint cet été un succès de deux millions d’entrées pour leur film Case départ.
Reconnaissance
Si cette comédie rafraîchit le cinéma hexagonal en mettant en vedette deux acteurs noirs, Fabrice relativise : « c’est peut-être une affiche nouvelle mais on n’a pas été pris parce qu’on était noirs. Le film a fonctionné parce que ça fait maintenant quatre ans, avec Thomas, qu’on est médiatisé par la télé, la radio et surtout par les spectacles qu’on donne tous les soirs à travers la France. La confiance du public au fil des années s’est répercutée sur la fréquentation du film ». Sorti dans un contexte tendu, sur fond de débat sur l’identité nationale, Case départ ne prétend pas être un manifeste. Pour Fabrice, « le film parle de nous, Thomas et moi, de nos familles, de ce qu’est être noir ou métis en France. C’est un film optimiste : on dit qu’il faut essayer de vivre les uns avec les autres, et on y arrive de mieux en mieux en France. »
French ghetto
L’ouverture du spectacle « Faites entrer Fabrice éboué » se fait sur un décor rétro et une musique de guinguette. Un choix qui ne surprend pas quand on sait que Fabrice vient du « french ghetto... Nogent-sur Marne, où l’insécurité vient des petits vieux qui traînent le soir parce qu’ils ont oublié le digicode de l’immeuble ».
Sur cet air de flonflon, Fabrice démarre en trombe avec un grinçant : « Ah cette France d’autrefois où tout allait bien... où on dénonçait les juifs ! ». Au delà de la référence à l’émission de Christophe Hondelatte « faites entrer l’accusé », le spectacle se veut un constat doux-amer sur notre société où « chacun cherche à avoir son quart d’heure de gloire, son quart d’heure télévisuel. Même les tueurs en série, les pires crapules arrivent à avoir une émission que leur est dédiée. »
Prendre du plaisir
Fabrice, avec son rire caustique, nous parle aussi « de mixité, des diverses communautés qui cohabitent, de (s)on expérience télévisuelle, radiophonique, des médias qui occupent une large place dans la société aujourd’hui. » Il n’hésite pas à tourner en dérision son expérience télé de sniper pour une émission où il se retrouve dans une position de funambule, sommé de faire des vannes sur des sujets souvent dramatiques voire racoleurs.
L’humoriste avoue être plus à l’aise à la radio. « Sur Europe 1, avec la bande à Ruquier, l’objectif c’est de rire et de s’amuser. C’est ça la place de l’humoriste... » En attendant, l’artiste termine la tournée de son spectacle avant de passer à d’autres aventures. « Peut-être du cinéma ou du théâtre. Je ne sais pas encore. Quand tu sors d’un chantier énorme comme Case départ, qui a été couronné de succès, tu es un peu dans le flou. Le seul mot d’ordre pour moi est de continuer à prendre plaisir à faire les choses, à les faire par envie, de délirer, de rigoler et pas autrement ! ».
En savoir plus :
DVD « Faites entrer Fabrice Eboué » TF1 Vidéo.
En tournée : Le 5 à Cholet, le 9 à Concarneau, le 10 à Carhaix, le 11 à Saint Brevins, le 17 au Havre, le 18 à Abbeville, le 19 à Lille, le 20 à Forges les Eaux, le 22 à Caen, le 23 à Santes, le 24 à Amiens, le 25 à Bapaume, le 30 à Tours, le 2 décembre à Nantes, le 3 décembre au Mans, le 8 décembre à La Rochelle, le 9 décembre à Montluçon, le 13 décembre à Marseille, le 14 décembre à Lyon, le 15 décembre à Saint-Étienne.







