Barre colorée
logo_petit

Les foyers font leur cinéma

mardi 15 mai 2012, Caroline Trouillet

Pour la 4e année consécutive, au mois de juin, l’Association Attention Chantier organise le Festival de cinéma des foyers. Sept foyers de travailleurs migrants de Paris et sa banlieue deviennent des lieux de projections, de débats, de concerts et d’expositions photo… Un festival qui reflète la vitalité culturelle et citoyenne des foyers.

Separateur

Le premier Festival de cinéma des foyers, c’était à Saint-Just, un foyer de travailleurs migrants parisien coincé entre le périphérique et le cimetière des Batignolles, mais bouillonnant d’énergie. Des liens se tissent entre ses habitants, des hommes originaires pour la plupart d’Afrique sub-saharienne, et l’association Attention Chantier, qui propose des ateliers artistiques et ludiques autour du cinéma et de la photo. En octobre 2009, pour son premier festival, ce foyer devient alors un lieu de rencontre entre habitants du quartier et des foyers voisins, autour du cinéma. « On aurait pu faire du théâtre ou des marionnettes, le cinéma était un prétexte pour susciter la rencontre », explique la coordinatrice Adeline Gonin. Deux ans plus tard, le festival rassemble près de 2 000 personnes dans 6 foyers, dont un tiers venant de l’extérieur.

Un festival tout en échos

A chaque édition, un thème particulier. En 2010, les indépendances africaines, puis en 2011, l’engagement politique des migrants étaient à l’honneur. Cette année, 11 courts et longs métrages aborderont le thème de la résonnance. Résonnances entre pays, résonnances entre ici et là-bas, ce thème fait écho aux aspirations révolutionnaires de la jeunesse africaine et reflète la présence transnationale des habitants des foyers. De jeunes artistes africains s’arment aussi d’une caméra, à l’instar d’Adama Camara. Ce jeune slammer fait partie de cette génération « en colère » dit-il. Il interpelle son père dans une chanson dont le clip, réalisé par le collectif Tribudom, sera projeté au foyer Saint-Just.


Cher papa- Collectif Tribudom - interprété par... par collectifTribudom

Lieux de brassage culturel

Attention Chantier refuse d’apparaitre comme un « prestataire culturel », qui imposerait une programmation culturelle dans les foyers. L’association, qui compte une dizaine de bénévoles et 2 salariés, cherche avant tout à valoriser les initiatives existant dans les foyers : « Les foyers sont des hauts lieux culturels, presque des ambassades. De nombreux groupes de musique y sont nés, et si l’on veut savoir ce qui se passe en ce moment au Mali, c’est là qu’on apprend tout » martèle Adeline Gonin.

Si le festival entend bousculer la représentation des foyers comme enclaves culturelles, il permet aussi de favoriser l’accès de ses habitants au cinéma. Sekou, jeune Malien qui a savouré le dernier festival au foyer Bisson, explique que ce loisir est bien trop coûteux pour la plupart des résidents : « Il faut encourager ce genre de festival, introduire le cinéma dans les foyers. Mais j’aimerais aussi que soient diffusés des films qui parlent d’autre chose que de ce que nous vivons au quotidien : les migrations et l’Afrique ». L’objectif d’Attention Chantier est justement de laisser progressivement la main aux jeunes résidents qui s’investissent déjà de plus en plus d’une édition à l’autre.


4ème Festival de cinéma des foyers par afriscop-africultures

Où et quand ?

Retrouvez l’ensemble de la programmation du Festival de cinéma des foyers, du 2 au 24 juin sur attentionchantier.org

Separateur

Commentaires (Aucun message Messages de forum)


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)