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Mamane, le Gondwanais lambda

lundi 14 novembre 2011, Julien Le Gros

Nom : Mamane

Âge : Non précisé car a été sans-papiers !

Signe particulier : présentateur du journal de « la très très démocratique République du Gondwana ».

Devise : « regardez mon journal sinon je saute et vous aussi ! »

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Mamane se distingue par une plume aiguisée drapée dans le masque de la douceur, de la parabole et du conte faussement naïf. Sa chronique quotidienne du Gondwana, sur Radio France Internationale, connaît un grand succès au point d’être souvent citée dans les conversations courantes en Afrique francophone. Mamane - comme son collègue Phil Darwin décidément ! - est fils de diplomate. Du coup il grandit « un peu partout en Afrique » : au Niger, son pays d’origine, mais aussi au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Nigéria, en Algérie ...

Un même ancêtre

C’est ainsi qu’il développe une bonne connaissance du continent et de ses enjeux politiques et sociaux . Plus tard , à Paris , alors qu’il s’ennuie dans des études supérieures de physiologie végétale , il retient un nom qui claque aux oreilles : le Gondwana . « Il y a des centaines de millions d’années, explique Mamane, il y avait deux continents : la Pangée au Nord et le Gondwana, au sud, qui regroupait l’Amérique latine, l’Océan indien, l’Océanie. L’idée, c’est qu’on vient tous du même continent. On a tous un même ancêtre. »

Mamane décide de créer un pays imaginaire : le Gondawana. « Il réunit les points communs de nombreux pays africains : les problèmes de routes, d’éducation, de soins, les délestages, le manque de démocratie... Mais, par certains aspects, le Gondwana, ça peut être aussi la France, l’Italie de Berlusconi, la Russie de Poutine, les Etats-Unis de George Bush. Et même maintenant, avec Obama ! »

Frontières absurdes

Mais au fait comment Mamane est-il devenu humoriste ? « à une époque , je me suis retrouvé en situation irrégulière. De fil en aiguille, en cherchant à me sortir de ce guêpier, je suis tombé dans un atelier de théâtre. C’était parti. J’ai écrit un sketch, puis un deuxième. J’ai fait un spectacle que j’ai présenté à Paris... Une maison de production a flashé. C’est comme cela que j’ai tourné un peu partout en France. »

La suite on la connaît : la Bande à Ruquier sur Europe 1 en 2006 ; un passage au Jamel Comedy Club ; les chroniques sur Africa n°1 puis RFI et , à la télé, Plus d’Afrique sur Canal Plus. Son spectacle « Mamane malmène les mots » fait un carton partout où il le donne. Aujourd’hui, ce bourreau de travail teste son nouveau one-man-show : un skud au carrefour du rire et de la géopolitique, qui « parle de la conférence de Berlin en 1884-85, où l’on a décidé du tracé des frontières des pays africains. C’est un prétexte pour me moquer de l’absurdité de ces frontières. On coupe des peuples entiers. On les met dans différents pays. Une grosse partie de nos problèmes vient de là. »

En savoir plus :

Chronique du Gondwana sur Radio France Internationale www.rfi.fr/taxonomy/emission/223

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