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Phil Darwin : rebeu renoi reblanc 

lundi 14 novembre 2011, Afriscope

Prénom : Phil

Nom : Darwin-Nianga

Age : 34 ans

Signe particulier : doit sauter à l’oreille des filles pour leur parler.

Devise : « on est tous des "re " ! »

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Tout le monde connaît au moins un sketch de Phil Darwin : celui du jeune blanc qui invite une fille noire à prendre un verre et lui propose de partager l’addition. Ça marche d’autant mieux que c’est du vécu ! « C’est arrivé à beaucoup de gens cette histoire. J’en ris parce que c’est simplement culturel. En Afrique noire c’est impensable d’inviter une fille et de lui demander de payer sa part. »

Entre les lignes

Les différences de culture sont le point d’orgue de l’humour de ce Franco-Congolais. Avec un père diplomate, Phil a beaucoup voyagé en Afrique subsaharienne, en Europe et au Maghreb. « Côté us et coutumes, j’ai découvert que le Maghreb n’est pas seulement un autre monde mais aussi une autre planète », lâche-t-il. Mais sur scène, il préfère opter pour l’allusion, la subtilité : « entre les lignes, on s’aperçoit que je transmets des messages. Je veux tout faire passer avec humour. Ca ne m’intéresse pas de revendiquer. Dans le spectacle, il y a des piques à gauche à droite. J’utilise cette tribune pour faire bouger les choses du mieux que je peux. »

Égalité

L’air de rien Phil prône la fraternité entre les peuples : « Dans le langage courant on dit rebeu, renoi mais blanc est à part. C’est comme si on mettait noirs et arabes dans le même sac. Moi, je parle de « Rebeu renoi reblanc  ». C’est l’égalité, la même chose. On est tous des « re » ! Ici et là, l’humoriste évoque aussi les problèmes d’intégration : «  Je pense qu’il ne faut pas arrêter d’en parler. Sinon le problème va s’évanouir dans la nature : ce sera comme « normal » qu’il y ait une discrimination. Il faut faire évoluer le débat ». Phil aborde également le problème des CV anonymes ou encore la place des minorités dans les médias : « Harry Roselmack : un vigile au 20h ! Ça deviendra normal quand on n’en parlera plus. Quand les gens verront juste leur journal sans dire : « tiens ils ont mis un noir sur la une.  » Quant au Printemps arabe, Phil en parle avec d’autant plus de verve qu’il a été jouer en Tunisie durant le régime du président Ben Ali : « Je n’avais pas le droit de dire certaines choses, même si c’était de la dérision, se souvient-il. Tout ce qui touchait de près ou de loin le régime était censuré. Les autorités avaient peur que les gens se disent : là il est en train de taquiner le pouvoir. En fait, je m’en prenais à l’exercice du pouvoir en général. »

Décortiquer les rapports Nord-Sud

Si Phil Darwin aime aiguillonner les autres, sa première victime c’est lui-même : « j’ai vraiment galéré à cause de ma petite taille, rigole t-il. Je parle des boums avec les filles qui portaient des talons aiguilles. Pour leur parler il fallait que je saute jusqu’à leurs oreilles pour leur dire un mot. Après je saute à nouveau pour aller chercher la réponse. » Mais comme le costume de petit rigolo est bien trop étroit pour lui, Phil sera à l’affiche, fin janvier, d’un monologue dramatique écrit par Jean-Luc Raharimanana « Des ruines », histoire de décortiquer les rapports Nord-Sud, l’esclavage ou encore les Indépendances...

En savoir plus :

«  This is Phil Darwin » en tournée en France jusqu’à fin décembre 2011. « Des ruines  » monologue dramatique mis en scène par Thierry Bédard, du 18 janvier au 19 février 2012 à la Maison de la poésie (Paris 3ème)

www.phildarwin.com

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