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Philippe Lacôte filme la Côte d’Ivoire

mardi 15 mai 2012, Samir Ardjoum

Maniant aussi bien la fiction que le documentaire, le franco-ivoirien Philippe Lacôte est sélectionné pour l’Atelier Cinéfondation du festival de Cannes sur un projet à la frontière entre les deux genres. Intitulé Run, il retrace l’histoire tourmentée de la Côte d’Ivoire à travers le destin d’un jeune homme.

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Il s’appelle Philippe Lacôte, réalisateur franco-ivoirien et son dernier projet cinématographique, Run, est sélectionné pour l’Atelier Cinéfondation du festival de Cannes : « C’est un honneur pour moi de représenter la Côte d’Ivoire à Cannes. C’est le résultat d’un long travail que nous menons avec ma productrice Claire Gadéa et de la rencontre avec Georges Goldenstern, le directeur de la Cinéfondation. Il a découvert le projet Run au festival international du film d’Amiens. »

Inspiré et libre

Philippe Lacôte, cinéphile, cinéaste, tient des propos que l’on aimerait voir associé à tous ceux qui tentent inlassablement de graver leurs intentions sur la pellicule : « Il y a beaucoup de réalisateurs que j’aime. C’est difficile d’en citer un. Je peux aimer un cinéaste pour un plan ou une phrase. J’aime notamment John Cassavettes pour la manière dont ses personnages entrent dans le champ. Ils semblent poussés vers le vertige. Mais le réalisateur qui m’a accompagné le plus ces dernières années par ses films et ses écrits, c’est Andréï Tarkovski. »

Il affirme par ailleurs sa liberté de ton : « En filmant, je ne cherche pas à ressembler à tel ou tel cinéaste, je cherche ma propre écriture. Tout ce que je peux dire, c’est que je ne suis pas un classique. J’aime la complexité, les récits déstructurés, les personnages avec des failles, les chocs entre images et sons. »

Run est un projet ambitieux, qui s’inscrit dans une envie délibérée de convoquer pleinement les possibilités infinies du cinéma. « C’est l’histoire d’un jeune homme dont la vie est construite autour de trois courses. à travers sa trajectoire emblématique, je raconte les 20 dernières années de l’histoire tourmentée de la Côte d’Ivoire ». Impossible d’en dire davantage pour le moment, « secret de scénario » oblige.

Du journalisme au cinéma

D’où vient Lacôte ? « Je ne viens pas d’une école de cinéma. Je me suis retrouvé reporter radio au pied du mur de Berlin pour une radio libre. Par la suite, le cinéma est devenu une évidence. J’ai été projectionniste, assistant de production, tout en réalisant mes premiers courts métrages. Depuis 2002, je filme aussi seul, d’une manière plus documentaire. Je reviens d’Egypte, où j’ai fait un état des lieux de la révolution de la Place Tahrir. Pour moi, la fiction et le documentaire sont deux tempos d’un même mouvement. Intérieur et Extérieur. »

Après une fiction (Le Passeur) et un documentaire (Chroniques de guerre en Côte d’Ivoire), Lacôte renoue avec une envie militante et politique. L’idée est de comprendre le monde dans lequel on évolue ou l’on régresse, à travers le prisme du cinéma. Est-ce que cet art peut se rendre encore utile dans la captation de l’histoire en mouvement ? A-t-il encore la force et le langage nécessaires pour attraper au vol le regard d’un cinéaste ? Avec Run, ce sera un carnet de bord qui permettra sûrement et posément à Philippe Lacôte de percevoir sa place d’artiste au sein d’un pays tourmenté. A suivre !

Philippe Lacôte en 5 dates :

1969 : Naissance en Côte d’Ivoire. / 1989 à 1992 : Reporter Radio à Toulouse. / 2006 : Le Passeur sélectionné au festival international du film de Rotterdam en 2007 / 2008 : Chroniques de guerre sélectionné à Montréal. / 2012 : Son projet Run sélectionné à la Cinéfondation du festival de Cannes.

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