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Retour sur les révolutions tunisienne et égyptienne

jeudi 8 septembre 2011, Olivier Barlet

Les films des révolutions tunisienne et égyptienne qui ont marqué le festival de Cannes sortent sur les écrans. Le 7 septembre, nous pourrons découvrir 18 jours, qui groupe dix courts métrages égyptiens réalisés durant la révolution. Le 21 septembre, Laïcité Inch ’Allah aborde la question de l’inscription de la religion dans la nouvelle Constitution tunisienne. Le 5 octobre, Plus jamais peur nous plonge dans la révolution tunisienne elle-même.

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L’enfermement, la peur et l’aspiration de liberté, c’est finalement, sans qu’ils se soient concertés, le thème qui se dégage des dix courts métrages réalisés par des cinéastes égyptiens et rassemblés dans 18 jours dont le titre correspond à la période 25 janvier-11 février 2011, des premiers gros heurts à la chute du président Moubarak.

Tous ces courts sont des fictions parties d’une initiative de Marwan Hamed qui a réuni tout le petit monde du cinéma le 29 janvier sur la place Tahrir, au Caire. L’idée était de faire des films sans budget à poster sur youtube pour soutenir le mouvement de démocratisation, qui soient davantage que les témoignages spontanés postés sur Facebook. Yousry Nasrallah, le plus connu (La Porte du Soleil, Femmes du Caire), a ainsi tourné des images durant les événements avec sa petite Sony HD. Les comédiens se sont mêlés aux manifestants. Son film n’est pas le seul à parler de cet élan irrépressible qui pousse à prendre des risques quand on en sent l’enjeu.

Bataille politique

La nouvelle Constitution tunisienne serat-elle laïque ? C’est le combat de Nadia El Fani dans Laïcité Inch’Allah ! - un combat difficile.

Menacée par des intégristes pour avoir osé déclaré qu’elle ne croyait pas en Dieu à la télévision, la réalisatrice traque et démonte les hypocrisies, notamment autour du jeûne du ramadan.Tourné avant, pendant et après la révolution, le documentaire s’inscrit sans détours dans une bataille politique à gagner : arriver à convaincre que seule la laïcité permet à une société multiculturelle de ne pas se diviser en communautés séparées. Mais il faut pour cela qu’elle devienne une vertu citoyenne.

Le film se fait dès lors journal personnel, jusque dans le cercle de sa propre famille : loin d’être une tirade idéologique, il est appel au débat et témoignage d’un engagement. à Cannes, Sihem Habchi, la présidente de Ni putes ni soumises, lui apporta son soutien : « Défendre Nadia, c’est défendre notre droit à la liberté de conscience ».

De la peur au courage

Plus jamais peur de Mourad Ben Cheikh, réalisé lui aussi avant, pendant et après la révolution tunisienne, préfère les hommes et femmes aux manifestations. S’il y avait répression, c’est bien qu’il y avait contestation sous Ben Ali : l’avocate Radhia Nasraoui a fait des grèves de la faim contre la torture, son mari Hamma Hammami était souvent emprisonné, Lina Ben Mhenni a pris de gros risques en couvrant dès le début sur son blog le mouvement de révolte parti de Sidi Bouzid, le journaliste indépendant Karem Cherif a dû participer à la défense de son quartier après la chute de Ben Ali. Tous ont dû dépasser la peur et c’est à ce courage collectif que la Tunisie doit son avancée.

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