Sami : le comte de Bouderbala
lundi 14 novembre 2011, Julien Le Gros
Nom : Ameziane
Prénom : Sami « Samiii, it’s amazing ! »
Age : 32 ans
Signe particuliers : Comte de Bouderbala. Bouderbala signifie « guenille » en arabe.
Devise : also known as « l’aristo - crasseux »
Sami Ameziane vient de Saint-Denis, le mentionne dans son spectacle mais ne le revendique pas. « J’ai bougé très tôt. Je ne crois pas à tous ces trucs de territoire : parce que tu viens de là tu es obligé de faire ci ou ça. » C’est un autre Dyonisien, Fabien Marsaud, plus connu sous le nom de Grand Corps Malade, qui lui met le pied à l’étrier. Comme Fabien, Sami est un disciple du slam, membre du collectif d’artistes urbains « Ça peut chémar ».
Changement de trajectoire
Avec son style gouailleur, gavroche de banlieue, le Comte de Bouderbala se moque allègrement de tout le monde : des rappeurs (« ils sont quatre vingt dix mille sur les cent-mille habitants de Saint-Denis »), des supporters de foot avec son célèbre personnage marseillais « Kiki le fada », des différences culturelles entre la France et les États-Unis. En 2004, grâce à une bourse d’échange, Sami part Outre-Atlantique. « Je voyais que ça tournait en rond en France, raconte-t-il. Il y avait une espèce de déterminisme social. Quand tu fais tes études dans une certaine ville c’est beaucoup plus difficile de percer le plafond de verre. J’ai voulu changer de trajectoire en faisant une école de commerce aux États-Unis. »
De Saint-Denis à New York
Pour lui, l’American Dream passe par le basket. Logique : il a joué en international en Algérie. Aux états-Unis, le rêve prend forme... dans un salon de coiffure. Car la coiffeuse se trouve avoir comme client l’entraîneur d’une équipe de basket prestigieuse de NCA (la réserve de la NBA) : les Huskys du Connecticut. Un test plus tard, Sami se retrouve propulsé meneur au sein de l’équipe. Blessé à l’épaule, il doit arrêter le dribble un an plus tard. Mais ce polyglotte averti (qui maîtrise cinq langues : français, anglais, italien, espagnol, arabe et berbère) polit ses vannes.
Notre frenchie retourne à New York mais cette fois avec un nouveau challenge : « montrer qu’un Français est capable d’aller aux États-Unis et de faire rire les Américains. J’entendais souvent des gens en France dire : le stand-up vient des états-Unis. C’est faux ! Ça a commencé par le vaudeville en France, avec des gens comme Fernand Raynaud, Guy Bedos... » Sami entame alors la tournée des « comedy clubs » de la Grosse Pomme, écrit un poème sur Oprah Winfrey, conquiert les spectateurs de Harlem en leur racontant qu’il s’est tâté pour acheter des cheveux à sa copine afro-américaine...
Si Sami a réussi à exporter son humour de « tchatcheur » aux états-Unis, il cartonne aussi en France. Il a écumé les scènes de France et de Navarre et a prêté sa plume, sous forme de journal intime, à l’émission de Pascale Clarke sur France Inter. Restait le cinéma. C’est chose faite avec le film Les seigneurs d’Olivier Dahan, dont la sortie est prévue en avril prochain. Sami, aux côtés, entre autres de Jean-Pierre Marielle, Franck Dubosc, José Garcia, Joey Starr et Omar Sy... jouera le rôle d’un pêcheur breton. Pas mal pour un Kabyle « à la tête de portugais et au corps de turc ».
En savoir plus :
Le Comte de Bouderbala, en spectacle à l’Alhambra à Paris, jusqu’au 31 décembre 2011.







