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Khalid K, l’homme à tout faire

vendredi 6 novembre 2009, Gérald Arnaud

Il a fait fureur à Avignon cet été, ce n’était pas volé. Son nom ? Khalid K . Seul avec ses boîtes à sons magiques, ce musicien spectaculaire parvient à faire tenir tout l’univers sur une scène.

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La « rumeur d’Avignon » n’était pas un pétard mouillé. Ceux qui l’ont vu l’été dernier dans la Cité des Papes parlent de cette performance solitaire comme d’un des évènements les plus singuliers du Festival. Je suis allé la voir ailleurs : loin des critiques pontifiants, des publics avertis et des sirènes médiatiques, dans le sympathique Centre culturel Jean Vilar de Marly-le-Roi. Je n’en suis pas encore revenu…

Khalid K pourrait reprendre à son compte le fameux slogan de Franco (le chanteur, pas le dictateur) : « On entre ok, on sort k.o. ! ». On ne va pas ici raconter en détail ce spectacle très évolutif, qui repose sur l’effet de surprise et un sens très subtil du suspense. Cela tient à la fois du burlesque, du mime, de la performance théâtrale et du récital musical expérimental. Khalid K, c’est d’abord une voix, très opératique, capable de bondir du registre de hautecontre à celui de baryton-basse. Traversant la salle, il se présente par un long solo a capella, avant de prendre place au centre de la scène : à son côté, un clavier électronique, à ses pieds des pédales qui commandent un matériel d’échantillonnage sonore qu’il bricole lui-même. Sa voix se démultiplie et se met à évoluer à travers toutes sortes d’ambiances soniques, de bribes de musiques et de bruitages. Très mobile, il entre dans la peau d’innombrables personnages identifiables par ses gestes autant que par leur environnement sonore.

Khalid K est né à Casablanca, en 1965, avant d’émigrer en France à l’age de quatre ans. Musicien autodidacte, il ne s’est lancé en solo que récemment, après avoir évolué aux côtés de Farid Chopel et du conteur Ralph Nataf, ou dans des groupes un peu marginaux comme Yann & les Abeilles ou Les Voisins du dessus. Parmi ses influences il cite pêle-mêle Artaud, Bach, Basie, Brel, Coltrane, Hendrix, les Frères Jacques et…sa mère. En vérité son univers fait surtout penser à Tex Avery !

Prochains shows :

Du 24 au 27 novembre : Espace Jean Vilar (Arcueil)

Les 17 et 18 décembre : Théâtre de l’Ouest Parisien (Boulogne)

Le 17 janvier : Centre Sidney Béchet (Garches)

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