Barre colorée
logo_grand

Kossi Efoui : Une oeuvre inclassable

vendredi 8 janvier 2010, Fanny Le Guen

Revoilà Kossi Efoui sur le devant de la scène littéraire ! Son dernier roman, Solo d’un revenant, a remporté le prestigieux Prix Tropiques 2009. Les 12 et 13 février prochains, son théâtre fait l’objet d’un colloque au musée Dapper à Paris. Une occasion à ne pas manquer pour plonger dans l’œuvre déroutante de det enfant terrible de la littérature francophone.

Separateur

Il y a vingt ans Kossi Efoui, jeune philosophe et opposant politique togolais, remportait le prix interafricain de Radio France Internationale avec Le Carrefour, une pièce déconcertante pour le public occidental qui s’était forgé une certaine idée des canons de l’esthétique théâtrale africaine et de sa dramaturgie exotique et musicale. C’est le début d’une longue carrière, durant laquelle Kossi Efoui, depuis la France où il s’est installé, ne cessera de dénoncer l’acharnement de la barbarie et l’injustice des sociétés dictatoriales à travers l’errance de personnages déracinés. Pour beaucoup de critiques, le théâtre de Kossi Efoui reste encore aujourd’hui un Ovni : non identifiable mais surtout non classifiable. Il faut dire que son œuvre travaille justement sur l’insaisissable, la frontière entre le vrai et le faux, l’illusion que nos sens nous imposent.

Un théâtre qui se joue des masques

Le théâtre de Kossi Efoui propose une réflexion sur nos sociétés actuelles : l’immigration, l’altérité, l’exode, le retour au pays... des thématiques qu’il explore à travers un processus d’écriture original. Tel un jazzman, Efoui s’amuse, d’après un canevas dramatique identique, à réécrire, rejouer, ré-imaginer ses textes. Tout y est en mouvement, en projections, à l’image que l’auteur se fait de l’humanité : une humanité éphémère, qui ne peut se penser qu’en devenir, qu’en évolution, qu’en tâtonnement… en correction. « Je ne suis pas dans une quête identitaire. Ce qui m’intéresse c’est de jouer avec toutes les figures possibles et imaginables de l’identité parce que je pense que les territoires de l’identité sont une scène de théâtre. [...] Il semble que les hommes ne soient pas encore prêts à faire des choix de civilisation qui n’intègrent pas la perception qu’ils ont d’eux-mêmes et celle qu’ils voudraient que les autres aient d’eux-mêmes. »

…Une belle réponse au débat qui agite la France en ce moment… et une œuvre passionnante à (re)découvrir d’urgence !

Kossi Efoui au musée Dapper

Après le colloque « Fratries Kwahulé » (en avril 2008 au LMP à Paris), l’Institut de Recherche en Etudes Théâtrales de Paris III-Sorbonne Nouvelle organise, les 12 et 13 février, un nouveau temps de rencontre, cette fois autour du théâtre de Kossi Efoui. Seront réunis des chercheurs venus d’Afrique, d’Europe et d’Amérique, mais aussi des artistes et des metteurs en scène. Il s’agira également de faire entendre les textes et plusieurs mises en lecture seront proposées au public tout au long des deux journées.

Musée Dapper, 35 bis rue Paul Valéry 75116 Paris

Renseignements : 01 45 00 91 75, www.dapper.com.fr

Separateur

Commentaires (1 Message)

  • Kossi Efoui : Une oeuvre inclassable 3 août 08:40, par Lassie

    Bonne journée ! Je suis un étudiant de philosophie et j’ai essayé de trouver un bon sujet qui servira de thème principal pour le document de recherche que je suis en train d’écrire le mois prochain. Je voudrais vraiment mettre l’accent sur la science et la lecture de cet article m’a donné beaucoup d’idées.


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)