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David Damoison, Paris Caraïbe

jeudi 19 mars 2009, Virginie Andriamirado

Un pied à Paris, l’autre dans les Caraïbes, David Damoison photographie l’humanité. Né d’un père martiniquais et d’une mère française, il s’est construit dans cette double culture. Pour Kréyol Factory, il a posé son regard sur les communautés antillaises d’Ile-de-France. Rencontre.

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Dans le cadre de Kréyol Factory, vous avez saisi des morceaux de vie des communautés antillaises de Paris. Comment avez-vous abordé ce travail, étant vous-même perçu comme membre de ces communautés ? C’est une commande de la Villette pour l’exposition. Elle sera mise en écho avec le travail d’autres photographes qui ont travaillé sur les communautés caribéennes de Londres, Miami et New York. Pour moi c’était un défi. J’ai abordé la communauté antillaise avec un regard frontal, emprunt de mon sentiment d’appartenance. S’il s’était agi d’une autre communauté, j’aurais peut-être travaillé différemment. J’ai été très attentif à la manière dont les personnes allaient être perçues et comment elles allaient se regarder. J’ai voulu réaliser des portraits qu’elles puissent s’approprier.

La réflexion sur les identités créoles est au coeur de vos séries photographiques. Est-ce une manière de résister à la dispersion de ces communautés, de restituer des traces communes ? C’est ma manière de participer à une réflexion sur le monde d’aujourd’hui en partant de mon histoire familiale. C’est aussi un désir de montrer les conditions de vie ici et là-bas. Etant né en France, où j’ai toujours vécu, il fallait que j’apprenne à connaître la Martinique, que me décrivait mon père, pour comprendre d’où je venais. Enfant, mes parents m’y emmenaient tous les cinq ans. Désormais, j’y retourne chaque fois que je peux. C’est essentiel. Ce lien m’aide à marcher ici. Parallèlement à la découverte de mon pays, je faisais connaissance avec une autre communauté, installée en France, qui est à la fois de là bas et d’ici.

Vous parlez d’appartenance communautaire. Quelles relations entretenez-vous avec les deux sociétés dont vous êtes issu ? Mon sentiment d’appartenance à la communauté antillaise est pour moi une évidence. Lorsque j’étais enfant, les deux cultures s’équilibraient à la maison. En grandissant, je me suis rendu compte qu’il y avait, dans le monde, un problème entre les cultures de mon père et de ma mère. Comme je sentais un déséquilibre à la fois d’image et de représentation, j’ai tout naturellement porté mes efforts vers ce qui n’était pas en situation de puissance, me semblait le plus fragilisé. La photo m’a permis de construire mes propres images et d’instaurer un dialogue avec la Caraïbe.

Retrouvez l’intégralité de cet entretien sur www.africultures.com Plus d’info sur David Damoison

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Commentaires (1 Message)

  • David Damoison, Paris Caraïbe 19 mai 2009 16:11, par nanard

    père martiniquais et d’une mère française

    Formulation étonnante, pourquoi pas père français et mère bretonne ou normande ou basque ou alsacienne ou......


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