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Afriscope N°38

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Edito : Haïti au-delà de ses rives

« À quelle aune peut-on mesurer la richesse d’un peuple ? À celle de ses grands orfèvres de songes. Haïti brille par sa force de rêver et de concrétiser par des livres par des couleurs, par des tableaux, par le son, etc. » [1], nous affirmait le poète James Noël fondateur de la Revue Intranqu’îllités [2], « boîte noire des imaginaires du monde entier » venue d’Haïti. Alors qu’en ce mois de novembre, le prix Femina vient d’être décerné à l’auteure Yanick Lahens, pour son roman Bain de lune, et que le Grand Palais à Paris ouvre l’expo Haïti : deux siècles de création artistique, Afriscope réunit dans ce numéro quelques grandes signatures du monde de l’art qui, d’Haïti terre de naissance ou de création, font dialoguer cet imaginaire avec d’autres. De l’écrivain Dany Laferrière récemment élu à l’Académie française qui nous parle de sa bibliothèque universelle, à la puissance du chanteur James Germain dont le répertoire voyage entre vaudou, kreyol et univers mandingue, en passant par la styliste italo-haïtienne Stella Jean, qui fait vivre ses influences avec ses allers-retours en Afrique de l’ouest. Tous font écho à cette phrase de Lyonel Trouillot autre éminente plume haïtienne « le seul roman qui vaille est le roman de la rencontre ». Des rencontres, à partir de cette « îlemonde », qu’est Haïti. Les artistes s’inscrivent dans une longue histoire de l’art au coeur de cette première république indépendante née d’une révolution anti-esclavagiste en 1804, face à la France napoléonienne. D’ailleurs de cette histoire commune, que reste-t-il ? Une page à écrire !

Avec plus de 90 000 ressortissants haïtiens sur le sol français, nous sommes aussi allés à la rencontre de quelques associations de la diaspora, ici en Île-de-France. Car « ladite diaspora participe de la réalité même d’Haïti » [3] D’ « Haïti je connais » en passant par le Collectif 2004 Images, ces initiatives renouvellent et entretiennent le rapport de la diaspora avec son territoire natal.

Dans ce dossier, qui sera complété sur africultures.com, nous avons voulu porter la parole du vaste « champ des possibles » [4] haïtien, Haïti, qui existe au-delà de ses rives, Haïti qui rayonne et témoigne d’un art de l’insoumission et de la liberté, Haïti dont les créateurs, «  …de leurs cris tissent les feux de l’aube » [5].

Anne Bocandé

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